Sadomasochist Upcycled Restaurant

Performance / Installation, 2015.

20min.

      Seconde partie de l’Île Des Esclaves, «Sadomasochist Upcycled Restaurant» est une performance partant d’une analogie entre la pratique d’un type de peintures contemporaines et celle de la récupération dans l’esthétique du mobilier de certains restaurants.

      Dans ces deux domaines (ainsi que dans mon installation faite d’éléments récupérés ça et là) je tiens à mettre en valeur l’effet de plus value souvent généré par ces pratiques, d’où le terme: ‘Upcycled’.

      Mettant alors en lien, d’un côté, et plutôt dans le domaine du mobilier, l’entremêlement d’éléments issus de différentes époques et de différents milieux.
Et d’un autre côté, dans le cas de la peinture abstraite, celui de l’entremêlement de plusieurs antagonismes historiques et esthétiques.
Dans les deux cas je mets en évidence le fait de remettre au goût du jour de vieilles esthétiques (éléments, objets), pour en augmenter la valeur.

      De cette confusion générale, de ce recyclage facile, s’élève donc ma position critique.
Une position critique et qui se veut en dehors de ce qu’elle décrit (d ’où le rôle d’arbitre/joueur de tennis). Mais qui, au cours de la performance ne tarde pas à se remettre elle-même en cause, de par cette position pseudo-distante et au final généralisée.

      La performance dure 25 minutes et celle-ci est principalement basée sur un texte hypnotique, répétitif, sensé caricaturer cette perte de sens et cette confusion.

Ce projet pourrait être continué et présenté dans un restaurant.

TEXTE ACCESSIBLE ICI

      As the second part of «l’Île Des Esclaves», «Sadomasochism Upcycled Restaurant» is a performance starting from an analogy between a certain type of contemporary paintings and the upcycling practice in the aesthetics of some restaurants furnitures.

      In both areas (and in my installation made of found objects) I would like to highlight the effect of surplus-value often generated by such practices.

      Then putting in connection, on one hand, and more in the field of furniture, the intermingling of elements from different eras and ages.
And on the other hand, in the case of painting, that of the intermingling of several historical and aesthetic antagonisms.

      From this confusion, this facile recycling practice, appears my critical position.
A critical position that wants to stand out of what it describes. (Therefore the role of arbiter / tennis player)
But, during the performance this position doesn’t take long to question itself by this pseudo-distant position and finally generalized

The performance lasts 25 minutes and is mainly based on a hypnotic text, repetitive, made to caricature this loss of direction and confusion.

This project may be continued and presented in a restaurant.

Sadomasochist upcycled restaurant, Performance script, 2015.

Performance stills:

[…]

Une devanture sobre où s’inscrit le nom de l’établissement par des lettrages en néon.

Une devanture sobre induisant une certaine perte de visibilité, mais induisant aussi par là une certaine séléction.

Et une certaine sélection est souvent synonyme de qualité

Un produit de qualité prouve son efficacité dans la pratique, sans besoin de crier à tous cette efficacité

En donnant donc une apparence sélective, on attire en réalité un plus grand nombre de clients,

un peu à la manière d’un groupe fermé dont on aurait envie de faire partie.

Et faisant par là fructifier les ventes,

faisant fructifier les ventes de par la nature sociale et compétitive présente en tout homme.

Cette nature propre à chacun faisant que chaque individu se positionne en fonction d’un autre et donc de manière compétitive au sein même du groupe et entre les groupes eux-mêmes.

Créant alors une dynamique naturelle qui pousse l’entreprise ou un simple restaurant, à croître économiquement de par les forces sociales et compétitives qui s’expriment en son sein.

Et ces forces sociales et compétitives étant constamment sous-tendue par une menace d’exclusion.

Face à une menace d’exclusion due à une éventuelle crise économique la nature fait qu’il faut savoir se protéger en se libérant de certain éléments.

Exclure les éléments gênants libérés par un plan de licenciement,

lesquels subissent forcément un trouble.

Un trouble par perte de sens.

Un trouble inévitable, générateur des souffrances dues à ce licenciement.

Des souffrances dues au stress que peut engendrer un tel système,

un système coopétitif faisant que chacun est en quelque sorte livré à lui-même au sein même d’un groupe.

Livré à lui-même au sein même d’un groupe et donc soumis à la nature antagoniste d’un système coopétitif.

Et cette nature antagoniste produit une perte de sens.

Une perte de sens semblable a l’association de différents éléments de mobilier issues de différentes époques,

de différent milieux,

Créant une situation de confusion,

Créant une situation de stress

Un stress particulièrement mauvais pour la santé,

pouvant engendrer toute sorte de maladie psychique,

de somatisation comme la dystrophie maculaire,

la dystrophie maculaire étant cette maladie qui créé un trou dans la macula,

et la macula étant cette région qui se situe au centre de la rétine,

Un trou dans cette région au centre de la rétine, fait que la dystrophie a tendance à croître au cours de situations stressantes,

provoquant d’abord un trou dans la vision puis des hallucinations.

Les hallucinations brouillent la vision et créer une multitude de taches multicolores.

Des taches qui finissent par déformer et recouvrir toute vision,

comme le bruit sur une image numérique,

le bruit sur un tableau impressionniste,

un bruit visuel abstrait et figuratif où apparaissent alors des taches flavimaculées,

périmaculaires, hyperfluorescentes.

La perception des couleurs est altérée.

Tout devient hyper saturé,

la rétine s’autolyse par un rétractement sur le trou maculaire.

Un rétractement sur le trou maculaire.

Un rétractement total.

Un très très fort rétractement donnant une affusion de sang dans l’iris jusqu’à ce que celle-ci gonfle et recouvre l’entièreté de la pupille.

L’individu erre alors dans un monde invisible,

et doit garder la tête baissée afin de couvrir le bruit.

Garder la tête baissée jusqu’à ce que le gaz injecté à l’intérieur de l’œil par l’effet d’Archimède appuie sur le trou de la macula et stoppe enfin cette dégringolade incessante dans les escaliers de la vision.

Stopper une bonne fois pour toute cette dégringolade incessante dans les escalier de la vision.

Escalier disparates fait d’éléments pauvre et riche,

Des escaliers impossible a remonter par la suite, et par là cette perte de sens.

Une perte de sens intolérable au sens éthique.

Une perte de sens, réellement dramatique.

Rendant toute chose ambivalente.

Le malade se retrouvant la plupart du temps rejeté.

En décalage face à toute réalité social

En décalage suivant son handicap,

En décalage comme une personne obèse.

En décalage comme un travesti qui déciderait de reprendre son sexe d’origine,

En décalage jusqu’à ce qu’il ne soit plus possible d’être comparé.

En décalage jusqu’à ce qu’il devienne difficile de se reconnaître dans un miroir.

En décalage jusqu’à devenir soit tout en étant étranger.

Silencieux car parlant dans une langue étrangère.

Parlant dans un langue étrangère à force d’une succession de décalages.

Une succession d’inversions décalées

Jusqu’à ce que tout jugement soit suspendu.

Décalé jusqu’à ce que tout sens soit suspendu.

Se décalant d’un point à un autre,

revenant, repartant, faisant un petit looping, une pirouette

et puis retombant dans le décalage de ton corps présent

Un corps qui par une trop forte sollicitation mentale ne peut accéder au présent

Entraînant par-là les pensées à tourner en boucle,

tournant en boucle par une trop forte sollicitation mentale.

Tournant en boucle dans le vide par une trop forte sollicitation mentale.

Tournant en boucle dans le vide car tourné vers le passé.

Tournant en boucle dans un présent tourné vers le passé.

Tournant en boucle en étant dépossédé du corps présent.

Tournant en boucle en créant un espace vide au sein même du corps.

Tournant en boucle en créant un espace vide dans le corps.

Tourner en boucle et combler ce vide par des pensés compulsives.

Tourner en boucle et combler ce vide par des pensés compulsives dépourvues de conscience.

Tourner en boucle dans ce vide par des pensés dépourvues de conscience car sans arrêt.

Tourner en boucle sans arrêt quelque part dans un présent statique.

Tourner en boucle sans arrêt quelque part dans un présent statique.

Tourner en boucle sans arrêt quelque part dans un présent statique dépourvu de tout sens.

Tourner en boucle sans arrêt quelque part dans un présent statique dépourvu de tout sens.

Pleurer en boucle sans arrêt quelque part dans un présent statique dépourvu de tout sens critique.

Pleurnicher en boucle sans arrêt quelque part dans un présent statique dépourvu de tout sens critique.

Pleurnicher en boucle dans un présent statique dépourvu de tout sens critique jusqu’à pleurnicher en boucle sur cette perte de tout sens critique car pleurant en boucle et donc pleurnichant encore et encore sur sa propre pleurnicherie dépourvue de tout sens critique jusqu’à pleurnicher comme un gros lamantin se lamentant en boucle devant le mur des lamentations.

Un gros lamantin se lamentant par pleurnicherie compulsive devant le mur des lamentations.

Pleurnichant de façon compulsive devant le mur des lamentations.

Pleurnichant de façon compulsive devant ce mur comme devant un monolithe noir.

Pleurnichant de façon compulsive devant un gros monolithe noir.

Pleurnichant de façon compulsive dans un univers noir, très noir.

Pleurnichant dans un univers noir, très noir et très romantique.

Pleurnichant dans un univers noir, très noir et dépourvu de tout sens.

dépourvu de tout sens et donc laissant place à l’interprétation.

Laissant place à l’interprétation et donc permettant d’y fourrer toute sorte de pensées de concept, de jugement et autres objets contondants,

pouvant y fourrer tellement de choses,

car laissant place à tellement d’interprétations qu’on a le droit d’y fourrer une multitude de choses

et cette multitude de choses ont tendance à se fourrer à un endroit précis,

créant un trou qui s’élargit au fur et à mesure que l’on y fourre des choses,

créant un trou qui s’élargit dans la macula au fur et à mesure que l’on y fourre des choses,

créant un trou qui s’élargit dans la macula de celui qui se laisse interpréter au fur et à mesure que l’on y fourre des choses.

Créant un gros trou noir dans la macula.

Créant un gros trou de mémoire dans la macula.

Créant un énorme trou de mémoire dans la macula.

Créant un gigantesque trou de mémoire dans la macula.

Un monstrueux trou de mémoire dans la macula.

Un mutisme à la Warhola.

Fourré d’une multitude choses.

Maculé de paillettes hyper saturées.

Sur bois de palette,

[…]

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